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Écrit 1 — étude de la langue, lexique et analyse de texte

Un texte support inédit, et une série de questions à rédiger portant sur l'étude de la langue, le lexique et l'analyse. Vous rédigez votre réponse, puis vous la confrontez à un corrigé qui explicite le métalangage et les manipulations attendus par le jury.

10 exercices à rédiger, corrigés détaillés

Aperçu gratuit : 1 question et son corrigé-type sur les 10 de cette banque.

Texte support — « L'horloger de la rue Basse »445 mots
1 Il y avait, au bout de la rue Basse, une boutique si étroite que deux 2 clients ne pouvaient pas y entrer de front. Sur la vitre, en lettres d'or 3 écaillées, on lisait un nom : Aristide Bourgade, horloger. Quand on 4 poussait la porte, une clochette annonçait la visite, et vingt pendules 5 lui répondaient ensemble, comme un petit peuple qui se réveillait. 6 Monsieur Bourgade travaillait assis, une loupe noire vissée à l'œil droit. 7 Il ne levait jamais la tête tout de suite : il finissait son geste, 8 reposait sa pince, puis il vous regardait enfin, et l'on avait le 9 sentiment d'avoir été pesé. Sa journée entière tenait dans ce cercle de 10 lumière. 11 La boutique sentait l'huile fine et le métal froid. Sur l'établi 12 s'alignaient des pinces minuscules, des tournevis pas plus gros qu'une 13 aiguille, et des dizaines de petites boîtes rondes que je n'ai jamais 14 ouvertes. Un vieux régulateur, contre le mur, battait plus lentement que 15 les autres, comme s'il avait décidé de vivre à part. 16 Les enfants du quartier le craignaient un peu. Nous nous postions devant 17 la vitrine, le front collé au verre, et la buée finissait par tout 18 effacer. Nous inventions qu'il cachait, dans son arrière-boutique, une 19 horloge capable de donner l'heure de la mort des gens. « Paraît qu'elle 20 sonne treize coups », soufflait Rémi, qui exagérait toujours. Personne 21 n'osa jamais vérifier. 22 Un jeudi de novembre, ma mère m'envoya chez l'horloger avec la vieille 23 montre de mon grand-père : le ressort s'était cassé. Je traversai la rue 24 en serrant l'étui contre ma poitrine. Il ne me demanda rien. Il posa la 25 montre sur un carré de feutre vert, comme on couche un blessé, ouvrit le 26 boîtier, l'inclina vers la lampe et resta longtemps silencieux. Puis il 27 murmura une phrase que je n'ai jamais oubliée : « On ne répare pas une 28 montre, petit ; on lui rend ses habitudes. » 29 Il travailla près d'une heure. Je le regardais démonter, nettoyer, 30 remonter ; ses doigts, énormes, devenaient minuscules dès qu'ils 31 touchaient au mécanisme. Il soufflait sur une pièce, la présentait à la 32 lumière, la reposait, en prenait une autre. C'était une patience dont je 33 n'ai compris le prix que bien plus tard. 34 Car nous vivons pressés, et nous appelons panne ce qui n'est souvent que 35 fatigue. Lui, pourtant, ne jetait rien. Il rendait aux objets le temps 36 qu'on leur avait pris. Réparer, pour lui, n'était pas une opération : 37 c'était une politesse. 38 La boutique a fermé l'année de mes quinze ans. On y vend aujourd'hui des 39 téléphones qu'on remplace au lieu de les ouvrir. Quand j'y passe, je 40 n'entends plus rien : les vitrines sont muettes, et personne, derrière le 41 comptoir, ne prend plus le temps de finir son geste avant de lever les 42 yeux.

Texte original composé pour TestCRPE. Les lignes sont numérotées : les questions y renvoient.

Question 1/1facile

Comparez la valeur des temps verbaux employés dans « Nous inventions qu'il cachait […] une horloge » (l. 18-19) et dans « Personne n'osa jamais vérifier » (l. 20-21). Vous expliquerez ensuite pourquoi l'opposition imparfait / passé simple ne peut pas se réduire à une opposition entre action longue et action brève, en vous appuyant sur un autre exemple du texte.